En quoi consiste l’abondement sur l’épargne salariale ?
L’abondement est un versement complémentaire réalisé par l’entreprise sur les sommes investies par un salarié dans son plan d’épargne salariale ou retraite. Il concerne le PEE/PEI (épargne salariale à moyen terme) et le PERECO/PERECOI (épargne retraite collective à long terme).
Son objectif est d’encourager les salariés à épargner, tout en permettant à l’entreprise de valoriser la rémunération sans alourdir les charges patronales. Il s'agit d'un levier de fidélisation puissant, tout en étant fiscalement avantageux pour toutes les parties.
L’abondement peut aller jusqu’à 300 % du montant versé par le salarié, dans la limite des plafonds réglementaires.
Abondement sur le PEE-I ou le PERECO-I : comment ça fonctionne ?
L’abondement est un dispositif collectif, ce qui signifie qu’il doit être proposé de manière équitable à tous les salariés remplissant les conditions définies (ancienneté, catégorie, etc.).
Quelles sont les modalités de l’abondement ?
Tout d’abord, c’est l’entreprise qui fixe librement les conditions, qu’il s’agisse du taux d’abondement, des types de versements concernés (participation, intéressement, versements volontaires) et des plafonds.
Tous les salariés doivent être informés clairement des règles applicables, généralement via une note d’information ou un accord d’entreprise.
Bon à savoir : Ce dispositif peut être suspendu temporairement en cas de difficultés économiques, puis réactivé plus tard.
L’abondement sur l’épargne salariale : pour qui ?
Tous les salariés dont l’entreprise, avec un maximum de 3 mois d’ancienneté peuvent bénéficier de l’abondement sur le PEE ou leur PERECO.
Par ailleurs, le dirigeant d’une entreprise de moins de 250 salariés et le cas échéant son conjoint collaborateur ou associé peuvent aussi bénéficier de l’abondement.
Comment est calculé l’abondement sur l’épargne salariale ?
Le montant de l’abondement dépend du versement effectué par le salarié et du taux appliqué par l’entreprise. Ce taux est défini librement par l’employeur, dans la limite de trois fois la somme initialement versée.
L’abondement est également plafonné en valeur absolue par la réglementation. Ces plafonds sont recalculés chaque année en fonction du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) qui est de 47 100 € en 2025.
En 2025, le plafond pour un PEE est de 3 768 €, soit 8 % du PASS. Pour un PERECO, il est de 7 536 €, soit 16 % du PASS.
Comment optimiser son abondement ?
Si l’entreprise propose à la fois un PEE et un PERECO, les plafonds peuvent être cumulés, ce qui permet à un salarié de recevoir jusqu’à 11 304 € d’abondement sur une année. Ces plafonds s’entendent par salarié et par an.
Par ailleurs, l’employeur a la possibilité d’instaurer un abondement unilatéral, versé automatiquement, même en l’absence de contribution préalable du salarié.
En 2025, ce type de versement est plafonné à 942 €, soit 2 % du PASS. Selon la politique interne de l’entreprise, ce versement peut être réalisé en une seule fois, en début ou en fin d’année, ou réparti de manière périodique, par exemple chaque trimestre.
Quels sont les avantages fiscaux et sociaux de l’abondement pour les TPE et PME ?
Avantages pour l’entreprise
Pour l’entreprise, les sommes versées au titre de l’abondement sont exonérées de charges sociales patronales, à l’exception de la CSG et de la CRDS. Elles sont également déductibles du bénéfice imposable.
Depuis le 1er janvier 2019, les entreprises de moins de 50 salariés sont dispensées du forfait social de 20 % sur l’abondement, ce qui représente une économie non négligeable.
Avantages pour les salariés
Pour les salariés, l’abondement constitue un revenu différé qui échappe à l’impôt sur le revenu. Il est aussi exonéré de charges sociales, à l’exception là encore de la CSG et de la CRDS sur les produits générés.
Le salarié peut ainsi constituer une épargne significative sur le long terme, sans être fiscalement pénalisé. Cela en fait une forme de rémunération différée particulièrement avantageuse par rapport à une prime classique ou une augmentation de salaire brute.
Comment mettre en place une règle d’abondement dans une TPE ou PME ?
La mise en place d’un abondement peut se faire simplement, même dans les plus petites structures.
Lorsqu’il n’y a pas de représentants du personnel, l’employeur peut décider unilatéralement des modalités et les formaliser dans un document d’information transmis aux salariés.
Il est également possible de passer par un accord collectif, notamment si l’entreprise est déjà couverte par un accord d’intéressement ou de participation. Une fois les modalités définies, l’entreprise choisit un prestataire (banque, assureur, gestionnaire d’épargne salariale) pour gérer les flux financiers et l’interface avec les salariés.
Découvrez aussi des informations sur la prime d'intéressement pour motiver vos salariés, la participation pour les fidéliser et le dispositif de PEI-PERCOI.
FAQ : En savoir plus
Qu’est-ce que l’abondement dans un plan d’épargne salariale ?
C’est une somme versée par l’entreprise en complément des versements de ses salariés dans leur PEE ou PER collectif.
Qui peut bénéficier de l’abondement ?
Tous les salariés de l’entreprise à partir de 3 mois d’ancienneté, ainsi que le dirigeant et son conjoint collaborateur ou associé dans les entreprises de moins de 250 salariés.
L’abondement est-il imposable ?
Non, il est exonéré d’impôt sur le revenu pour le salarié et déductible du bénéfice pour l’entreprise.
L’abondement peut-il être suspendu ?
Oui, l’entreprise peut suspendre ou ajuster l’abondement en fonction de sa situation, puis le réactiver ultérieurement.