Absentéisme au travail : 5 pistes pour le réduire

L’absentéisme au travail est un fléau pour une société et provoque des dysfonctionnements de son organisation. Le combattre ne peut pas se limiter à des mesures coercitives. En s’attaquant aux causes du problème, c’est toute l’entreprise qui progresse. Découvrez ci-dessous des informations sur les indicateurs de l’absentéisme au travail et des solutions pour le réduire.

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Taux d’absentéisme au travail en France : quels indicateurs, comment le calculer ?

En France, l'absentéisme en entreprise s’élève à 18,6 jours en moyenne par an et par salarié, si l’on en croit le 11e Baromètre de l'absentéisme de la société de conseil Ayming* (cet indicateur prend en compte les arrêts maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles dès le 1er jour d’arrêt). Toujours selon Ayming, le taux d'absentéisme au travail a atteint 5,10 % en 2018, soit une hausse de 8 % par rapport à 2017, avant de se stabiliser en 2019. D’après une autre étude « sur l'origine et le coût de l'absentéisme en France », publiée par l'Institut Sapiens**, la facture totale pour les entreprises privées et le secteur public s’élèverait à 107,9 milliards d'euros par an. Un calcul réalisé en prenant en compte les salaires versés aux absents, le temps passé par les organisations pour corriger les dysfonctionnements liés aux absences, l'achat de services externes non prévus, etc.

 

Les conséquences de l’absentéisme au travail

D’autres conséquences négatives, plus difficiles à quantifier, sont induites par l’absentéisme au travail : baisse de la productivité et de la qualité, dégradation de la confiance au sein des organisations… Des solutions existent-elles ? Oui, comme le démontrent de nombreuses entreprises qui sont parvenues à endiguer le phénomène. Chacune a dû faire face à un contexte particulier. Mais voici les principaux axes sur lesquels la plupart ont travaillé.

 

Absentéisme au travail : quelles solutions ?

1 - Analyser les mécanismes de l’absentéisme au travail pour améliorer la prévention

Quantifier le phénomène par motifs d’absence, par services, par tranches d’âge, par types de postes, etc. permet de diagnostiquer les causes (souvent multiples) à l’origine du problème. Mettre ensuite sur pied une politique de santé et de sécurité au travail, adaptée aux particularités de l’entreprise et à ses métiers, est une première étape pour réduire la quantité d’absences.

2 - Favoriser le management de proximité pour réduire l’absentéisme en entreprise

Former les managers d’équipe à la détection des signes avant-coureurs qui précèdent souvent l’absentéisme (retards répétés, baisse de régime, isolement, irritabilité, etc.) et à y répondre de façon appropriée. Une bonne communication, au plus près des collaborateurs, contribue à désamorcer les spirales qui mènent à l’arrêt de travail lorsqu’il n’est pas lié à un accident ponctuel.

3 - Développer la flexibilité du temps de travail

Travailler sur les plannings hebdomadaires, mensuel, annuels, et introduire de la souplesse dans les horaires. Sans changer la durée globale du travail, la flexibilité peut favoriser l’agilité de l’entreprise et permettre aux salariés une meilleure articulation entre vie personnelle et vie professionnelle. De même, le télétravail devient un outil de mieux en mieux compris par les entreprises et les salariés. Bien organisé, il peut contribuer à établir un rapport gagnant-gagnant entre salariés et employeurs.

4 - Accorder plus d’autonomie aux salariés

Une forte exigence de productivité accompagnée d’une faible marge de manœuvre provoque stress puis désinvestissement dans le travail. Impliquer les salariés dans l’aménagement de leur poste, leur permettre de prendre des décisions, les aider à acquérir de nouvelles compétences, les valoriser quand ils réussissent : autant de bons réflexes qui ont fait leurs preuves.

5 - Reconnaître financièrement les efforts accomplis grâce à l’intéressement

L’argent reste le « nerf de la guerre ». En dépit de tous les efforts organisationnels de l’entreprise, le salarié a finalement le sentiment que son travail est reconnu quand quelque chose bouge aussi du côté de sa rémunération ou de ses avantages sociaux.

L’intéressement est un outil à privilégier car il s’intègre très bien dans une démarche globale de lutte contre l’absentéisme. En effet, les primes versées dans le cadre de ce dispositif d’épargne salariale peuvent être liées à des objectifs de baisse du taux d’absences dans l’entreprise. Ces objectifs, ainsi que le calcul des primes, doivent alors être clairement formalisés dans un accord d’entreprise.

 

*https://www.ayming.fr/insights/barometres-livres-blancs/barometre-de-labsenteisme-et-de-lengagement/

** https://www.institutsapiens.fr/wp-content/uploads/2018/11/Absent%C3%A9isme-un-co%C3%BBt-cach%C3%A9-%C3%A0-100-milliards-novembre-2018.pdf